Aller au contenu
Infos

Saignement de nez : les bons gestes pour l'arrêter et quand consulter

Femme tenant un mouchoir sous son nez qui saigne légèrement.

Une goutte de sang au bord de la narine, puis un écoulement qui ne s'arrête pas : le saignement de nez, ou épistaxis, est impressionnant mais le plus souvent bénin. Il touche à un moment ou à un autre une grande partie de la population, en particulier les enfants et les personnes âgées, et il est plus fréquent en hiver, quand l'air intérieur chauffé assèche les muqueuses.

Le problème, c'est que les réflexes transmis de génération en génération sont souvent faux : pencher la tête en arrière, mettre une clé dans le dos, s'allonger. Les bons gestes sont simples et suffisent à arrêter la grande majorité des saignements en quelques minutes. Encore faut-il savoir quand il ne faut pas attendre.

Pourquoi le nez saigne-t-il ?

La partie avant de la cloison nasale est riche en petits vaisseaux sanguins très superficiels, recouverts d'une muqueuse fine. C'est de là que proviennent la plupart des saignements, dits antérieurs. Ils sont généralement faciles à contrôler. Plus rarement, le saignement vient de la partie arrière des fosses nasales : il est alors plus abondant, coule souvent dans la gorge et nécessite une prise en charge médicale.

Les causes les plus fréquentes

  • Un air sec, notamment en hiver avec le chauffage, qui fragilise la muqueuse.
  • Les doigts dans le nez, très fréquents chez l'enfant.
  • Le mouchage énergique, un rhume, une rhinite allergique ou une sinusite.
  • Un choc sur le nez ou le visage.
  • Certains médicaments : anticoagulants, antiagrégants plaquettaires comme l'aspirine, sprays nasaux corticoïdes utilisés longtemps.
  • Plus rarement, un trouble de la coagulation, une malformation des vaisseaux ou une lésion des fosses nasales.

L'hypertension artérielle est souvent mise en cause. Elle n'est généralement pas la cause directe du saignement, mais elle peut le rendre plus abondant ou plus difficile à arrêter.

Les bons gestes pour arrêter un saignement de nez

  1. Rester calme et s'asseoir, le buste légèrement penché en avant. Ne pas s'allonger.
  2. Ne pas pencher la tête en arrière : le sang coulerait dans la gorge, ce qui peut provoquer nausées, vomissements, voire une fausse route, et empêche de voir si le saignement s'arrête.
  3. Se moucher une fois doucement pour évacuer les caillots, qui empêchent les vaisseaux de se refermer.
  4. Comprimer la partie souple du nez, juste sous l'os, entre le pouce et l'index, en serrant les deux narines.
  5. Maintenir la pression sans relâcher pendant 10 minutes, montre en main. Relâcher pour vérifier toutes les minutes relance le saignement.
  6. Respirer par la bouche pendant la compression et cracher le sang qui coule dans la gorge plutôt que de l'avaler.
Après l'arrêt du saignement Pendant les heures qui suivent, éviter de se moucher fort, de faire des efforts importants, de se pencher en avant brusquement et de boire très chaud. Le caillot est fragile, et le saignement peut reprendre.

Les idées reçues à oublier

Ce qui marche

  • Tête penchée en avant.
  • Compression continue de 10 minutes.
  • Mouchage doux avant de comprimer.
  • Froid sur l'arête du nez en complément, sans remplacer la compression.

Ce qui ne marche pas

  • Tête en arrière ou position allongée.
  • Clé froide dans le dos.
  • Compression de la partie osseuse du nez.
  • Relâcher toutes les 30 secondes pour vérifier.

Chez l'enfant : les mêmes gestes, avec quelques nuances

Les saignements de nez sont particulièrement fréquents chez l'enfant d'âge scolaire, souvent la nuit ou au réveil, et le plus souvent bénins. La technique est la même : asseoir l'enfant, le pencher en avant, lui faire moucher doucement puis comprimer les narines pendant 10 minutes. Le rassurer est essentiel, car la vue du sang provoque souvent de l'agitation qui entretient le saignement. Si l'enfant est trop jeune pour se moucher, on passe directement à la compression. Un saignement chez un nourrisson, des saignements répétés associés à des bleus inexpliqués ou à des saignements des gencives, ou un saignement qui survient d'un seul côté avec un écoulement nauséabond, pouvant faire penser à un petit objet coincé dans le nez, justifient un avis médical rapide.

Quand consulter

SituationConduite à tenir
Saignement qui persiste après 20 minutes de compression bien faiteConsulter rapidement, aux urgences si besoin
Saignement très abondant, ou qui coule surtout dans la gorgeAppeler le 15 ou se rendre aux urgences
Pâleur, malaise, vertiges, essoufflementAppeler le 15
Saignement après un choc important à la tête ou au visageConsulter en urgence
Traitement anticoagulantConsulter si le saignement ne s'arrête pas rapidement
Saignements répétés, d'un seul côté, ou avec nez bouché persistantConsulter un médecin, voire un ORL, sans urgence
Saignement chez un nourrissonAvis médical systématique

En cas de saignements répétés, le médecin ou l'ORL examine les fosses nasales et peut proposer une cautérisation du petit vaisseau responsable, un geste rapide réalisé sous anesthésie locale. Un bilan de coagulation ou une vérification de la tension artérielle peuvent aussi être utiles.

Sous anticoagulants Ne jamais arrêter de soi-même un traitement anticoagulant ou antiagrégant à cause d'un saignement de nez. En parler au médecin qui l'a prescrit, qui décidera d'un éventuel ajustement.

Prévenir les saignements de nez

  • Humidifier l'air de la chambre en hiver, ou limiter le chauffage.
  • Hydrater la muqueuse nasale avec du sérum physiologique ou un spray d'eau de mer, et éventuellement une pommade grasse adaptée appliquée à l'entrée des narines.
  • Se moucher doucement, une narine après l'autre.
  • Couper les ongles des enfants et les aider à perdre l'habitude des doigts dans le nez.
  • Traiter une rhinite allergique, qui irrite la muqueuse : notre article pour distinguer allergie au pollen et rhume aide à s'y retrouver.

La sécheresse de l'air intérieur favorise aussi d'autres petits maux de l'hiver, comme les irritations des yeux ou de la gorge. Et pour un autre geste du quotidien souvent mal fait au niveau de la sphère ORL, voir notre article sur le bouchon de cérumen.

L'essentiel
  • Assis, tête penchée en avant, jamais en arrière.
  • Se moucher une fois, puis comprimer la partie souple du nez 10 minutes sans relâcher.
  • Consulter si le saignement dure plus de 20 minutes malgré une compression bien faite.
  • Malaise, saignement abondant ou après un choc à la tête : appeler le 15.
  • Air sec et muqueuse irritée sont les causes les plus fréquentes : humidifier et hydrater.

Questions fréquentes

On répond à vos questions

Faut-il pencher la tête en arrière quand on saigne du nez ?

Non. Il faut au contraire pencher la tête en avant. En arrière, le sang coule dans la gorge, ce qui peut provoquer nausées et vomissements et empêche de vérifier l'arrêt du saignement.

Combien de temps faut-il appuyer sur le nez ?

Au moins 10 minutes sans relâcher, en serrant la partie souple du nez, juste sous l'os. Si le saignement reprend, recommencer une fois. Au-delà de 20 minutes de saignement malgré une compression bien faite, il faut consulter.

Les saignements de nez sont-ils un signe d'hypertension ?

L'hypertension est rarement la cause directe, mais elle peut rendre un saignement plus abondant ou plus long. En cas de saignements répétés, faire vérifier sa tension artérielle reste une bonne idée.

Pourquoi mon enfant saigne-t-il souvent du nez ?

Les causes les plus fréquentes chez l'enfant sont les doigts dans le nez, les rhumes et l'air sec. Hydrater la muqueuse et couper les ongles court aide beaucoup. Des saignements très fréquents ou abondants justifient un avis médical.

Peut-on se moucher après un saignement de nez ?

Mieux vaut éviter de se moucher fort pendant plusieurs heures, le temps que le caillot se consolide. Si nécessaire, se moucher très doucement, une narine après l'autre.

Qu'est-ce qu'une cautérisation du nez ?

C'est un geste réalisé par un médecin ou un ORL pour refermer le petit vaisseau responsable de saignements répétés, à l'aide d'un produit chimique ou d'un courant électrique, sous anesthésie locale. Il est rapide et généralement peu douloureux.

À lire ensuite

Dans la même veine