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Rétrofit électrique : transformer une voiture ancienne, coût et démarches

Voiture ancienne en atelier avec son bloc moteur électrique de conversion visible sous le capot ouvert.

Une voiture ancienne, appréciée pour son style ou chargée de souvenirs, mais dont le moteur thermique inquiète de plus en plus au vu des restrictions de circulation qui se multiplient dans les grandes villes. Plutôt que de la revendre ou de la laisser dormir au garage, une solution existe depuis quelques années en France : remplacer le moteur thermique par un moteur électrique, tout en conservant la carrosserie d'origine.

Le rétrofit électrique reste toutefois un projet technique et budgétaire à ne pas sous-estimer. Entre le coût réel de la conversion, les démarches administratives obligatoires et les limites du dispositif, mieux vaut connaître les règles avant de se lancer.

Ce qu'autorise réellement la réglementation

Depuis un décret entré en vigueur en 2020, la conversion d'un véhicule thermique en véhicule électrique est officiellement encadrée en France, avec des règles précises sur qui peut réaliser l'opération et comment elle doit être validée.

  • Seuls des installateurs agréés peuvent réaliser légalement une conversion homologuée, garantissant le respect des normes de sécurité applicables.
  • Un contrôle technique spécifique est requis après la conversion, avant toute remise en circulation du véhicule.
  • La carte grise doit être mise à jour pour refléter le nouveau type de motorisation, une étape indispensable pour rouler en toute légalité.
Une conversion non homologuée expose à de vraies conséquences Un véhicule converti sans passer par un installateur agréé, ou sans mise à jour de la carte grise, n'est pas considéré comme conforme. En cas de contrôle routier ou d'accident, cette non-conformité peut avoir des conséquences importantes, notamment sur la prise en charge par l'assurance.

Les étapes d'un projet de rétrofit

  1. Vérifier l'éligibilité du véhicule : certains modèles anciens, notamment ceux d'un certain âge ou de certaines catégories, sont plus facilement éligibles selon les kits de conversion disponibles sur le marché.
  2. Choisir un installateur agréé, seul habilité à réaliser une conversion homologuée reconnue par l'administration.
  3. Sélectionner le kit de conversion adapté : puissance du moteur électrique, capacité de la batterie, autonomie visée, selon l'usage prévu du véhicule.
  4. Réaliser la conversion auprès de l'installateur, un chantier qui prend généralement plusieurs semaines selon la complexité du véhicule.
  5. Passer le contrôle technique spécifique post-conversion, indispensable avant la remise en circulation.
  6. Mettre à jour la carte grise pour officialiser le changement de motorisation.

Combien coûte réellement un rétrofit électrique

Poste de coûtCe qu'il faut savoir
Kit de conversion (moteur, batterie, électronique)Poste principal du budget, variable selon la puissance et l'autonomie recherchées
Main-d'œuvre de l'installateur agrééDépend de la complexité du véhicule et du temps de chantier nécessaire
Contrôle technique post-conversionCoût additionnel spécifique à cette procédure
Mise à jour de la carte griseFrais administratifs liés au changement de catégorie du véhicule

Le coût global d'un rétrofit reste, dans la majorité des cas, significativement plus élevé que l'achat d'un véhicule électrique d'occasion équivalent en usage. La décision se justifie donc rarement par un calcul purement économique, mais davantage par l'attachement au véhicule d'origine, sa rareté, ou une volonté de prolonger sa durée de vie plutôt que de le voir mis au rebut.

Des aides financières existent, sous conditions

Aides potentiellement mobilisables

  • Certaines aides à la conversion, sous conditions de ressources et de véhicule remplacé
  • Des dispositifs locaux, propres à certaines collectivités, parfois cumulables
  • Une TVA à taux réduit dans certains cas spécifiques de conversion

Points de vigilance sur les aides

  • Les montants, seuils et conditions d'éligibilité évoluent régulièrement
  • Toutes les aides ne sont pas cumulables entre elles
  • Certaines aides nécessitent de passer par un installateur référencé spécifique

Il est indispensable de vérifier les dispositifs en vigueur au moment du projet, les aides à la conversion électrique évoluant fréquemment selon les priorités des politiques publiques, plutôt que de se fier à des montants mémorisés d'une année sur l'autre.

Les limites à connaître avant de se lancer

  • Tous les véhicules ne sont pas éligibles aux kits de conversion actuellement disponibles sur le marché, notamment certains modèles très anciens ou peu répandus.
  • L'autonomie obtenue après conversion reste généralement inférieure à celle d'un véhicule électrique conçu nativement, du fait des contraintes d'espace pour la batterie.
  • La revente d'un véhicule converti peut s'avérer plus complexe, le marché de l'occasion pour ce type de véhicule restant encore restreint.
  • Le délai de réalisation peut s'étendre sur plusieurs mois selon la disponibilité des installateurs agréés et des kits adaptés au modèle concerné.

Pour un propriétaire hésitant entre conserver un véhicule ancien et en acquérir un neuf, la question du malus écologique applicable à l'achat d'une voiture neuve mérite également d'être posée en parallèle, les deux options ayant un impact budgétaire très différent selon le profil du véhicule visé.

L'essentiel
  • Le rétrofit électrique est encadré depuis 2020, avec une conversion réservée à des installateurs agréés.
  • Un contrôle technique spécifique et une mise à jour de la carte grise sont obligatoires après conversion.
  • Le coût global reste souvent supérieur à celui d'un véhicule électrique d'occasion équivalent en usage.
  • Des aides existent sous conditions, mais leurs montants et critères évoluent régulièrement.
  • L'autonomie obtenue est généralement inférieure à celle d'un véhicule électrique conçu nativement.
  • Le projet se justifie surtout par l'attachement au véhicule plutôt que par un calcul économique strict.

Questions fréquentes

On répond à vos questions

Peut-on convertir soi-même un véhicule thermique en électrique ?

Non, une conversion homologuée doit obligatoirement être réalisée par un installateur agréé pour être reconnue légalement. Une conversion réalisée en dehors de ce cadre n'est pas conforme et expose à des conséquences en cas de contrôle ou d'accident.

Tous les véhicules anciens sont-ils éligibles au rétrofit électrique ?

Non, l'éligibilité dépend de la disponibilité d'un kit de conversion adapté au modèle concerné. Certains véhicules très anciens ou peu répandus ne disposent pas encore de solutions homologuées sur le marché.

Le rétrofit électrique est-il moins cher que d'acheter une voiture électrique d'occasion ?

Généralement non, le coût global d'une conversion reste souvent supérieur à celui d'un véhicule électrique d'occasion équivalent en usage. La démarche se justifie davantage par l'attachement au véhicule d'origine que par un calcul purement économique.

Faut-il refaire la carte grise après un rétrofit électrique ?

Oui, la mise à jour de la carte grise est une étape obligatoire pour refléter le changement de motorisation, indispensable pour rouler en toute légalité avec le véhicule converti.

Un véhicule converti au rétrofit électrique bénéficie-t-il des mêmes avantages qu'un véhicule électrique neuf ?

Cela dépend des dispositifs locaux et de la réglementation en vigueur, certains avantages (accès à certaines zones, stationnement) pouvant s'appliquer sous conditions. Il est recommandé de vérifier au cas par cas selon la collectivité concernée.

Combien de temps prend un projet de rétrofit électrique ?

Le délai varie selon la disponibilité de l'installateur agréé et du kit adapté au modèle, mais s'étend généralement sur plusieurs semaines à plusieurs mois entre le choix du projet et la remise en circulation du véhicule converti.

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